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Rennes espère changer de dimension avec l'arrivée de la LGV

Le ciel hérissé de quelque 90 grues de chantier, Rennes voit l'avenir en rose et en grand: confortée par une démographie dynamique et l'arrivée prochaine de la LGV, la capitale bretonne entend prendre le train des métropoles à rayonnement européen.

Par Batinfo source : AFP

Confortée dans ses ambitions par l'arrivée de la LGV, Rennes espère changer de dimension - © Amélien Bayle

Attendu depuis plus de 20 ans, le prolongement de la LGV jusqu'à Rennes la mettra au mieux, le 2 juillet, à 1H25 de Paris. Un gain de 39 minutes qui fait rentrer la ville "dans le cercle des agglomérations proches de Paris", estime Henri-Noël Ruiz, directeur de l'agence d'urbanisme de Rennes.

"Toute la politique de la métropole a consisté à faire converger l'arrivée de la grande vitesse avec la création d'un quartier d'affaires ("EuroRennes"), d'un centre des congrès, d'une deuxième ligne de métro et d'une cité internationale", poursuit M. Ruiz. A cela s'ajoute le lancement prochain d'études pour la construction d'une grande salle à vocation "économique et professionnelle", dédiée aux "grandes manifestations et salons internationaux".

Passée de 402.038 habitants en 2008 à 426.502 en 2013, grâce à un volontarisme qui lui a permis d'intégrer de nouvelles communes, Rennes est aussi la métropole qui affiche la plus forte croissance démographique, derrière Montpellier.

"Il y a de l'investissement fort, des créations d'entreprises, des recrutements, une population nouvelle. Et pour couronner le tout, des enfants qui naissent, on ne va pas se plaindre", se félicite Sébastien Sémeril, premier adjoint chargé de l'urbanisme.

Une politique ambitieuse qui imprègne les discours des élus. "L'accélération de notre territoire sera encore décuplée cette année par un nombre record de chantiers lancés", déclarait récemment la maire PS Nathalie Appéré. "Les métropoles sont le visage d'une France inventive et créative, et Rennes se veut à la pointe de ce mouvement", affirmait Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole.

Grâce aux investissements et aux filières économiques historiques de la ville (numérique, agroalimentaire, santé), les élus espèrent un "effet d'entraînement" dans toute la Bretagne.

Métropole d'affaires

Pour le géographe Guy Baudelle, professeur à l'université Rennes 2, il faut pourtant se garder de surestimer "l'effet LGV". "L'arrivée de la LGV ne garantit pas seule de nouvelles implantations d'entreprises", analyse-t-il, notant que la hiérarchie des villes, en termes d'attractivité, "ne bouge que très lentement".

Pour accueillir ses nouveaux habitants, la métropole a approuvé fin 2015 la construction d'environ 4.000 logements par an d'ici 2020. Son mot d'ordre? La "densification", qui doit permettre d'"étirer le centre-ville" tout en limitant l'envol des prix de l'immobilier. Selon les Notaires de France, Rennes conserve depuis dix ans la 9ème place pour le prix au m2 médian des appartements anciens.

A la recherche de visibilité architecturale, les élus sont aussi favorables à la construction d'immeubles hauts qui viendraient étoffer la "skyline" (ligne d'horizon) de la ville.

Dans sa course au développement, Rennes essuie toutefois des critiques, notamment sur le sort réservé à son patrimoine. "Le petit patrimoine privé, comme les maisons du 19ème et 20ème siècle, risque de disparaître", alerte Michel Coignard, président de l'association "Les amis du patrimoine rennais".

Et de pointer des exemples de permis de démolition de maisons, pourtant classées "patrimoine local remarquable" par la mairie. A cela s'ajoutent des constructions récentes qu'il qualifie de "moches". Ce que reconnaît à demi-mot Matthieu Theurier, co-président du groupe écologiste à la mairie: "On a fait le choix en 2004 de densifier les premiers faubourgs, mais on se rend compte qu'on a détruit des maisons individuelles pour faire des choses pas toujours très heureuses".

L'ambition de transformer Rennes en métropole d'affaires inquiète également les habitants. Le collectif "Place à défendre" dénonce une "gentrification" rampante du centre-ville. "Les logements sociaux sont assez importants mais surtout situés en périphérie", relève Laurent Gouet, membre du collectif. "Il y a une volonté de transformer l'hyper-centre en centre commercial réservé aux plus aisés". Critiques auxquelles la mairie répond par sa politique de "mixité sociale", tandis qu'elle expérimentera bientôt un loyer unique pour tous les logements sociaux.

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