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La clause Molière fait polémique chez les syndicats

Le numéro un du Medef, Pierre Gattaz, a dit mardi avoir un avis "mitigé" sur la "clause Molière", qui vise à imposer le français sur les chantiers de certaines régions, mettant en garde contre la "dérive nationaliste" à laquelle cela pouvait conduire.

Par Batinfo source : AFP

La clause Molière fait polémique chez les syndicats - Image d'illustration - © Pixabay

"Il faut faire attention qu'on ne se recroqueville pas encore une fois sur nous-mêmes, sur la France, sur les Français", a déclaré M. Gattaz lors de sa conférence de presse mensuelle."Si nous voulons construire l'Europe, il faut être ouverts", a-t-il estimé.

La clause Molière, introduite en Ile-de-France, dans les régions Hauts-de-France, Normandie et d'Auvergne-Rhône-Alpes, est censée lutter contre la directive européenne des travailleurs détachés en imposant la langue française sur les chantiers dont la région est maître d'oeuvre.

"Il faut réguler les travailleurs détachés, ce qui est fait actuellement. Il faut tout faire pour réduire la fraude, il faut améliorer l'intégration de nos salariés extérieurs à la France", a jugé le président de l'organisation patronale.

Soulignant toutefois qu'il était préférable de parler français sur les chantiers pour des raisons de "sécurité", d'"ordre" et de "communication", M.Gattaz a souligné que cela pouvait comporter des dérives "communautaire ou nationaliste".

"Vous commencez comme ça, et puis après vous commencez à faire du favoritisme, et puis ensuite vous fermez les frontières françaises, et puis vous finissez par sortir de l'euro", a-t-il averti.

Indiquant que 180.000 Français travaillaient en Europe sous le statut de travailleur détaché, il a insisté sur le fait que la France ne s'en sortirait que "grâce à l'Europe et l'euro".

Pour la CFDT, la clause Molière est "inacceptable"

La CFDT a qualifié mardi d'"inacceptable" la clause Molière, qui vise à imposer l'usage du français sur les chantiers publics, en accusant les collectivités territoriales d'"instrumentaliser" la sécurité des salariés et d'aller "à l'encontre de la liberté de circulation".

"L'objectif est de limiter l'accès de certaines entreprises aux marchés publics sous prétexte d'assurer une bonne compréhension des règles de sécurité. Certains secteurs, comme le bâtiment, sont pourtant des secteurs d'intégration, pour des salariés étrangers depuis plusieurs décennies", relève la CFDT dans un communiqué.

Pour la confédération de Laurent Berger, "la santé et la sécurité des salariés sont instrumentalisées par des collectivités territoriales qui n'ont pas de compétence dans le domaine. Il faudrait surtout renforcer les contrôles menés par l'inspection du travail".

Une telle mesure "ne règle en rien la question du travail illégal" et sous-entend "la question de la préférence nationale, ce qui est illégal".

"Imposer le français pour intervenir sur les chantiers va à l'encontre de la liberté de circulation des salariés, notamment dans le cadre du détachement", ajoute la CFDT qui réclame d'autres mesures comme "la mise à disposition d'un interprète", la révision de la directive travailleurs détachés, le développement de la carte professionnelle pour les salariés du bâtiment et de la lutte contre le travail dissimulé.

La clause Molière, introduite notamment en Ile-de-France, dans les Hauts-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes, est censée lutter contre la directive européenne des travailleurs détachés.

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