Les retards de paiement ne concernent pas uniquement les logements aux loyers élevés. En juillet 2026, le loyer moyen associé aux incidents recensés par la plateforme de gestion locative Monsieur Hugo est tombé à 637 €, contre 786 € en juin. Il s’agit du niveau le plus bas observé depuis le lancement de son baromètre mensuel en décembre 2025.
Cette huitième édition repose sur l’analyse de 1.299 loyers prélevés automatiquement en France entre le 2 et le 19 juillet 2026. La plateforme a comptabilisé 39 incidents, soit un taux de retard de 3 %, après 3,1 % en juin.
Les chiffres clés du baromètre3 % de retards en juillet 2026, soit 39 incidents sur 1.299 prélèvements 637 € de loyer moyen pour les logements concernés, en baisse de 149 € en un mois 33,3 % des incidents concernent des logements de deux pièces 79,5 % des retards sont observés dans le parc meublé 97 % des prélèvements ont été collectés avec succès |
Un taux de retard supérieur ou égal à 3 % pour le deuxième mois consécutif
Après avoir évolué entre 2,3 % et 2,7 % de mars à mai 2026, le taux d’incident a atteint 3,1 % en juin puis 3 % en juillet. C’est la première fois, depuis le début de cette série de huit mois, que le baromètre dépasse ou atteint 3 % pendant deux mois consécutifs.
Cette évolution intervient au cœur de la période estivale, marquée par une forte mobilité résidentielle. Selon les données citées dans l’étude, près de la moitié des déménagements annuels se dérouleraient entre juin et septembre. Le cumul éventuel d’un dépôt de garantie, de frais de déménagement et d’une période de double loyer peut alors peser temporairement sur la trésorerie des ménages.
La période coïncide également avec une remontée de l’indice de référence des loyers. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, l’IRL du deuxième trimestre 2026 s’établit à 148,37, en hausse de 1,15 % sur un an, après une progression de 0,78 % au trimestre précédent.
L’inflation a parallèlement atteint 2,1 % sur un an en juillet, contre 1,8 % en juin, notamment sous l’effet de l’accélération des prix de l’énergie à 12,6 %. Ces éléments de contexte peuvent accentuer les tensions budgétaires, sans que le baromètre permette toutefois d’établir un lien de causalité direct avec les incidents constatés.
Le loyer moyen des incidents recule de 19 % en un mois
Le principal enseignement de l’édition de juillet concerne le montant des loyers touchés. À 637 €, leur valeur moyenne recule de 149 € en un mois, soit une baisse de 19 %. Elle se situe également 85 € sous le précédent point bas de 722 €, relevé en avril.
Depuis décembre 2025, le loyer moyen des incidents avait oscillé entre 722 € et 807 €. Sa chute en juillet suggère que les difficultés de paiement ne se concentrent plus seulement sur les ménages supportant des loyers relativement élevés.
La composition des incidents évolue dans le même sens. Les studios et les logements de deux pièces représentent ensemble 46,1 % des retards de juillet, contre 34,8 % en moyenne entre décembre et mai. Les deux pièces atteignent à eux seuls 33,3 % des incidents, leur niveau le plus élevé depuis le lancement du baromètre.
La part des studios revient à 12,8 %, après un pic à 25,7 % en juin. Elle demeure néanmoins environ quatre fois supérieure aux niveaux relevés en avril et mai, respectivement de 3,1 % et 3,2 %.
Le parc meublé concentre près de huit incidents sur dix
En juillet, 79,5 % des incidents recensés concernent des logements meublés, contre 74,3 % en juin et 67,7 % en mai. Cette proportion atteint ainsi son niveau le plus élevé depuis mars, où elle s’établissait à 84 %.
Le meublé accueille fréquemment des étudiants, de jeunes actifs et des salariés en mobilité, des profils susceptibles de changer de logement durant l’été. Ce parc comporte également une forte proportion de petites surfaces, dont le coût au mètre carré est généralement supérieur à celui des locations vides.
Pour Monsieur Hugo, les résultats de juillet font apparaître deux profils distincts : d’une part, les ménages supportant un loyer compris entre 720 € et 810 € avec un taux d’effort important ; d’autre part, les occupants de petites surfaces meublées en région, dont le loyer est plus faible mais dont les réserves de trésorerie seraient limitées. Cette interprétation reste néanmoins propre à la plateforme et ne permet pas de caractériser l’ensemble des locataires français.
Trois régions comptabilisent chacune sept incidents
Les Hauts-de-France, le Grand Est et l’Île-de-France arrivent à égalité avec sept incidents chacun, soit 17,9 % du total par région. Les Hauts-de-France occupent ainsi pour la première fois la tête du classement établi par la plateforme.
Ces trois régions réunissent 53,8 % des incidents, contre 59,5 % en juin et 61,3 % en mai. Le baromètre constate donc une moindre concentration géographique des retards.
Ces résultats doivent cependant être interprétés avec prudence. Le document communique le nombre d’incidents par région, mais pas le nombre de loyers prélevés dans chacune d’elles. Il ne permet donc pas de calculer ni de comparer des taux de retard régionaux.
Un taux de prélèvements réussis de 97 %
Sur les 1.299 prélèvements analysés en juillet, 97 % ont abouti. La moyenne relevée depuis décembre 2025 s’établit à 97,2 %.
La plateforme met notamment en avant la rapidité de détection permise par le prélèvement automatique. Selon elle, l’identification précoce d’un rejet doit permettre au bailleur ou au gestionnaire d’engager plus rapidement un échange avec le locataire et de rechercher une solution avant que la dette ne s’accumule.
À compter du 1er janvier 2027, les règles applicables aux bénéficiaires des aides personnelles au logement évolueront. Le décret n° 2026-84 du 12 février 2026 prévoit qu’un impayé de dépense de logement sera constitué lorsque la dette dépassera 450 € ou lorsque, trois mois après un premier défaut de paiement, le ménage n’aura toujours pas réglé sa dépense de logement. Ces situations devront alors être signalées à l’organisme payeur selon les modalités prévues par le texte.
« 637 €, c’est le chiffre de ce baromètre. Depuis huit mois, nous pensions avoir identifié une zone de fragilité autour de 750 à 800 € — le loyer d’un ménage qui y consacre plus du tiers de ses revenus. Juillet nous montre autre chose : un second foyer de risque, beaucoup plus bas, autour de 600 €, sur des petites surfaces meublées en région. Ce ne sont pas les mêmes locataires, et ce n’est pas le même mécanisme : dans un cas le taux d’effort casse, dans l’autre il n’y a tout simplement aucune réserve de trésorerie. Pour un propriétaire, la conclusion est contre-intuitive mais nette : un petit loyer n’est pas un loyer sûr. Et avec trois régions à égalité parfaite en tête ce mois-ci, il n’existe plus vraiment de géographie du risque : le retard peut venir de partout. » explique Bruno Cantegrel, fondateur de Monsieur Hugo.
Un échantillon à ne pas extrapoler à l’ensemble du marché
Le Baromètre Monsieur Hugo sur le retard des paiements des loyers est réalisé chaque mois à partir des prélèvements traités par la plateforme. L’édition de juillet 2026 porte sur 1.299 loyers de logements meublés ou non meublés, du studio au cinq pièces et plus, répartis sur le territoire national et prélevés entre le 2 et le 19 juillet.
L’étude apporte une photographie du portefeuille géré par la plateforme, mais son échantillon n’est pas présenté comme représentatif de l’ensemble du parc locatif français. Avec 39 incidents seulement, les variations mensuelles et régionales peuvent également être sensibles à de faibles changements en valeur absolue.
Enfin, un rejet ou un retard de prélèvement ponctuel ne correspond pas nécessairement à un impayé durable. Le taux de 3 % mesuré par la plateforme ne peut donc pas être directement comparé aux statistiques portant sur des dettes locatives de plus d’un mois.