Les chiffres clés1,24 million d’installations solaires recensées en France au 30 juin 2026 6 % des maisons équipées de panneaux solaires, contre 5,41 % un an plus tôt +0,28 point de taux d’équipement en moyenne départementale sur un an +10,9 % d’installations en douze mois Un taux presque doublé en trois ans, contre 3,26 % fin juin 2023 |
Au cours des douze derniers mois, le taux d’équipement des maisons en panneaux solaires a le plus progressé dans la Creuse, l’Ain, les Vosges, le Vaucluse et la Meuse. Cette évolution montre que la dynamique du photovoltaïque résidentiel ne se limite plus aux territoires historiquement les plus ensoleillés et les mieux équipés.
Pour mesurer cette évolution, Hello Watt s’est appuyé sur les données de 112.000 foyers ayant déclaré posséder des panneaux solaires dans son application. L’entreprise a comparé le taux d’équipement des maisons dans chaque département entre juillet 2025 et juillet 2026.
Les Landes restent le département le mieux équipé
Avec 12,75 % des maisons équipées, les Landes affichent le taux d’équipement le plus élevé. Elles devancent la Drôme (12,14 %), le Gard (11,87 %), la Haute-Garonne (11,61 %), l’Isère (11,44 %), la Loire (10,89 %), les Pyrénées-Orientales (10,78 %) et le Rhône (10,61 %)[3].
La présence de l’Isère, de la Loire et du Rhône parmi les huit départements les mieux équipés confirme que l’ensoleillement ne suffit pas, à lui seul, à expliquer le développement du photovoltaïque résidentiel.
Hello Watt avance plusieurs autres facteurs : la part importante de maisons individuelles, le niveau de revenus dans certaines zones périurbaines, notamment autour de Lyon, Grenoble et Toulouse, ainsi que les besoins de consommation électrique en journée, liés entre autres à la climatisation.
Un déploiement qui gagne l’ensemble du territoire
À l’échelle nationale, le solaire résidentiel se diffuse à un rythme relativement homogène, avec une hausse moyenne du taux d’équipement de 0,28 point de pourcentage en un an. Les progressions les plus marquées sont observées dans la Creuse, l’Ain, les Vosges, le Vaucluse et la Meuse.
La dynamique gagne ainsi des départements aux profils variés, notamment dans le nord-est de la France. À l’inverse, la progression est moins rapide dans certains départements du sud du pays, où le parc solaire est déjà plus développé.
La France compte désormais 1,24 million d’installations solaires, soit 6 % des maisons équipées[4], contre 5,41 %[5] un an auparavant. Le nombre d’installations a ainsi augmenté de 10,9 % en douze mois.
En trois ans, le taux de maisons équipées a presque doublé : il s’établissait à 3,26 % fin juin 2023[6]. Hello Watt indique également avoir enregistré, en juin 2026, deux fois plus de demandes d’installation qu’en juin 2025.
La France reste en retrait par rapport à ses voisins européens
Malgré cette progression, la France demeure en retard sur plusieurs pays européens engagés plus tôt dans le développement du solaire résidentiel. Selon les données présentées par Hello Watt, 58 % des maisons sont équipées aux Pays-Bas, contre 39 % en Belgique et 33 % en Allemagne.
Ce classement tend à montrer que l’ensoleillement n’est pas le seul moteur du photovoltaïque résidentiel. Hello Watt identifie le prix de l’électricité comme un facteur déterminant[7] : plus l’électricité prélevée sur le réseau est chère, plus l’autoconsommation de l’énergie produite sur place présente un intérêt économique. Les aides publiques et la maturité des filières nationales jouent également un rôle.
Aux Pays-Bas, le développement du marché résidentiel a notamment été favorisé par des prix de l’électricité élevés et par un mécanisme de facturation nette[8]. Celui-ci permet de déduire de la facture l’électricité solaire injectée sur le réseau, comme si elle compensait une consommation réalisée à un autre moment.
En Belgique, le coût de l’électricité, la proportion élevée de propriétaires et les dispositifs de certificats verts[9] ont soutenu l’équipement des ménages. L’Allemagne a, de son côté, accompagné le photovoltaïque résidentiel par des tarifs de rachat du surplus garantis pendant vingt ans.
En Italie, l’ensoleillement et les aides publiques ont déclenché plusieurs vagues d’installation. Au Royaume-Uni, les prix élevés de l’électricité soutiennent le marché, mais la proportion importante de locataires et de maisons mitoyennes limite le nombre de logements facilement équipables.
En Espagne, 6,3 % des maisons seraient équipées
L’Espagne dispose d’un marché photovoltaïque dynamique dans les secteurs commercial et industriel, mais le solaire résidentiel y reste moins répandu. D’après Hello Watt, 6,3 % des maisons espagnoles sont équipées.
L’entreprise explique notamment cet écart par un prix de l’électricité longtemps inférieur à celui observé dans d’autres pays européens, ainsi que par un cadre réglementaire auparavant moins favorable. Entre 2015 et 2018, la « taxe sur le soleil » imposait aux particuliers autoconsommateurs une contribution destinée à couvrir les coûts de distribution et d’entretien du réseau électrique[10]. La part élevée de ménages vivant en immeuble collectif, estimée à 65 %, constitue un autre frein à l’équipement individuel.
Malgré un ensoleillement plus favorable que celui des pays placés en tête du classement, la France affiche ainsi un taux d’équipement presque dix fois inférieur à celui des Pays-Bas. Selon l’analyse de Hello Watt, ce retard tient notamment à des aides moins généreuses que dans les pays pionniers, à la complexité de certaines démarches administratives et à une électricité historiquement moins chère, en raison du poids du nucléaire, jusqu’à la crise énergétique de 2022.
Un prêt à taux zéro et une TVA réduite pour les batteries proposés
Le rapport Lévy-Tuot sur l’optimisation du soutien public aux énergies renouvelables électriques et au stockage, publié en avril 2026, formule notamment deux recommandations concernant les installations photovoltaïques résidentielles.
La première consiste à rendre l’achat de panneaux solaires d’une puissance maximale de 36 kVA éligible à un prêt à taux zéro, sous conditions de ressources, tout en maintenant l’aide à l’investissement. Cette possibilité serait également étendue aux installations associant panneaux photovoltaïques et batterie, jusqu’à une capacité de stockage de 100 kWh.
Ce mécanisme permettrait de faciliter l’accès au solaire des ménages qui ne disposent pas de l’épargne nécessaire pour financer leur installation. Le recours à un prêt bancaire pourrait aussi renforcer les contrôles portant sur les certifications et les assurances des entreprises chargées des travaux.
La seconde recommandation prévoit d’appliquer un taux de TVA de 5,5 % aux batteries d’une capacité maximale de 100 kWh. D’après Hello Watt, l’ajout d’une batterie à un projet solaire peut actuellement entraîner l’application d’un taux de TVA de 20 % à l’ensemble de l’opération.
Le stockage permet pourtant d’augmenter la part de l’électricité produite et consommée sur place. Depuis le 1er octobre 2025, les installations photovoltaïques résidentielles d’une puissance inférieure ou égale à 9 kWc peuvent bénéficier d’une TVA à 5,5 %, sous réserve de respecter plusieurs critères environnementaux et d’intégrer un système de gestion de l’énergie, conformément à l’arrêté du 8 septembre 2025.
L’extension du taux réduit aux batteries supprimerait ainsi un frein fiscal au développement conjoint de l’autoconsommation et du stockage résidentiel.
[1] 1.242.435 installations d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc comptabilisées par Enedis au 30 juin 2026, rapportées au nombre de maisons individuelles en France (Insee, RP2023).
[2] 1.119.453 installations d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc comptabilisées par Enedis au 30 juin 2025, rapportées au nombre de maisons individuelles en France (Insee, RP2023).
[3] Données d’Enedis sur les installations photovoltaïques résidentielles d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc au 30 juin 2026, rapportées au nombre de maisons individuelles par département (Insee, RP2023). Liste complète en annexe.
[4] 1.242.435 installations d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc comptabilisées par Enedis au 30 juin 2026, rapportées au nombre de maisons individuelles en France (Insee, RP2023).
[5] 1.119.453 installations d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc comptabilisées par Enedis au 30 juin 2025, rapportées au nombre de maisons individuelles en France (Insee, RP2023).
[6] 674.635 installations d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc comptabilisées par Enedis au 30 juin 2023.
[7] Pour compléter, consulter le baromètre des prix européens de l’électricité publié par Hello Watt.
[8] Ce système permet de déduire de sa facture l’électricité solaire injectée sur le réseau, comme si elle compensait l’électricité consommée à un autre moment.
[9] Proposé notamment en Flandre et en Wallonie, ce système permettait aux particuliers de revendre leur électricité aux fournisseurs d’énergie à un prix très attractif.
[10] Ce dispositif imposait aux particuliers équipés de panneaux solaires en autoconsommation une redevance destinée à couvrir les coûts de distribution et d’entretien du réseau électrique. Très contesté, il a été supprimé en octobre 2018.
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