Le profil des emprunteurs évolue néanmoins, avec un retour de ménages plus avancés dans la vie et des revenus en progression, soutenus par un PTZ élargi. Entre soutien public ciblé, pouvoir d’achat sous pression et accès au crédit toujours sélectif, le neuf confirme une reprise fragile, principalement portée par les profils les plus solides.
Immobilier neuf : un marché à deux vitesses selon les villes
Au printemps 2026, les prix de l’immobilier neuf relevés par le portail Trouver-un-logement-neuf.com demeurent globalement orientés à la hausse dans les grandes villes françaises, signe d’un marché toujours sous tension. Paris conserve largement sa position de ville la plus chère de France pour un appartement neuf de trois-pièces, avec un prix moyen atteignant désormais 940.900 €, en hausse de 8,55 % sur six mois.
Nice reste la deuxième métropole la plus onéreuse avec un T3 à 571.800 € et affiche la plus forte progression du panel (+16,62 %). Une évolution haussière qui s’explique, comme à Paris, par une tension persistante sur l’offre et de montée en gamme de certains programmes. Lille (333.700 € ; +10,06 %) affiche également une offre très contrainte. Lyon (399.900 € ; +3,28 %) conserve sa place parmi les trois grandes villes les plus chères.
À l’inverse, certaines localités enregistrent des ajustements plus marqués. Strasbourg voit ainsi le prix moyen d’un T3 reculer à 283.500 € (-5,22 %), Toulouse à 267.800 € (-4,63 %) et Montpellier à 271.300 € (-3,62 %), des villes où les collectivités ont soutenu l’offre et la demande ces derniers mois. Marseille (312.200 € ; +6,41 %) dépasse désormais Bordeaux (288.300 € ; +3,52 %) dans le classement des villes les plus chères. Malgré une hausse de près de 5 %, Nantes devient désormais la métropole la plus abordable de ce top 10, avec un prix moyen de 259.300 € pour un trois-pièces neuf, détrônant Toulouse.
Pour Céline Coletto, porte-parole de Trouver-un-logement-neuf.com : « Face à ces prix en progression, les promoteurs multiplient les leviers pour soutenir la demande : optimisation des plans pour limiter les surfaces perdues, opérations commerciales, frais de notaire offerts, prêts bonifiés ou encore accompagnement renforcé des investisseurs, notamment autour de la gestion locative dans le cadre du nouveau dispositif Jeanbrun. La promotion immobilière cherche ainsi un nouvel équilibre entre maîtrise des prix, attractivité commerciale et lancement de projets immobiliers pour soutenir son activité. »
Taux contenus et dispositifs publics : un soutien réel mais encadré
Les taux ont connu une remontée constante mais contenue, se maintenant entre 3,3% et 3,5%, malgré les taux directeurs toujours élevés et des contraintes conjoncturelles et géopolitiques complexe.
Dans le même temps, les banques maintiennent une forte sélectivité : l’accès au crédit reste conditionné à des dossiers solides, ce qui limite l’ouverture du marché aux ménages les plus modestes, notamment parmi les primo-accédants disposant de peu d’apport ou souhaitant acheter dans des zones tendues.
Dans ce contexte, le dispositif Jeanbrun apporte un soutien à l’investissement locatif neuf via un mécanisme d’amortissement fiscal plus souple que le Pinel. Toutefois, sa lecture et son mécanisme s’avèrent plus technique, son impact reste encadré par des plafonds, une durée d’engagement longue et une gestion plus exigeante. Associé à un PTZ élargi, il contribue à maintenir une attractivité relative du neuf, tout en bénéficiant principalement aux profils les plus solides et les mieux structurés financièrement.
Un profil d’emprunteur qui évolue, sous contrainte
Entre l’automne 2025 et le printemps 2026, le profil des emprunteurs dans le neuf évolue sensiblement.
L’âge moyen progresse de 35 à 37 ans, traduisant un recentrage vers des profils plus installés, disposant d’une situation professionnelle et financière plus stable. Dans le même temps, le revenu moyen augmente de 4.567 € à 5.357 €, confirmant cette montée en gamme des profils emprunteurs, malgré le soutien du PTZ élargi.
La résidence principale reste largement majoritaire mais recule, avec une part passant de 95% à 90,6%, tandis que l’investissement locatif progresse à 8,8% (+4 points), soutenu par l’introduction du dispositif Jeanbrun, qui redonne un certain attrait au neuf pour les investisseurs malgré un cadre toujours contraint.
Enfin, le budget moyen progresse de 299.336 € à 334.751 €, confirmant que le neuf reste un marché à ticket élevé. Le PTZ joue ici un rôle d’amortisseur, sans compenser pleinement le niveau d’investissement nécessaire pour accéder à ce segment.

Une capacité d’emprunt sous pression, malgré la stabilisation
Une légère remontée observée au printemps 2026 (+0,10 à +0,20 point) entraîne un ajustement du pouvoir d’achat immobilier.
Pour une mensualité de 1.000 €, la capacité d’emprunt recule légèrement, entre -0,89% et - 1,77% selon les villes. Les écarts restent contenus, avec des baisses un peu plus marquées à Paris et Marseille, tandis que certaines métropoles comme Nantes affichent une quasi-stabilité.
Pour Caroline Pasquereau, Directrice Marketing Stratégique et Communication : « L’homogénéisation des taux entre les régions sur la période observée illustre un marché qui s’équilibre progressivement. Après des ajustements plus marqués selon les territoires, les barèmes convergent davantage, ce qui reflète une forme de normalisation des stratégies bancaires. Cette tendance ne supprime pas les disparités locales, mais elle les rend plus contenues et plus prévisibles pour les emprunteurs, avec un impact direct mais mesuré sur leur pouvoir d’achat immobilier. »
Cette évolution reste progressive, sans rupture brutale, mais confirme une tension persistante sur la capacité d’emprunt.
Un pouvoir d’achat en recul à projet équivalent
Entre l’automne 2025 et le printemps 2026, la mensualité moyenne dans les grandes villes passe d’environ 2.293 € à 2.412 €, soit une hausse de près de 5%. Sur 20 ans, cela représente un surcoût de 50.000 à 60.000 € par emprunteur (hors assurance).
Dans ce contexte, seuls les ménages disposant d’une capacité de remboursement solide ou d’un apport significatif conservent une réelle marge de manœuvre.
Des disparités locales persistent : certaines villes comme Strasbourg, Montpellier et Toulouse enregistrent une baisse des mensualités (de l’ordre de 3 à 4%), générant des gains pouvant atteindre jusqu’à 18.000 € sur la durée du crédit. À l’inverse, dans la majorité des grandes métropoles, les ménages doivent arbitrer entre réduction du budget, allongement de la durée ou report du projet.
Pour Caroline Pasquereau : « Dans ce contexte, seuls les ménages avec une bonne capacité de remboursement ou un apport significatif conservent une vraie marge de manœuvre, tandis que les profils plus modestes ou les primo-accédants voient leur accès à la propriété se tendre. »
Quelles perspectives à court terme ?
Pour Caroline Pasquereau : « À court terme, le marché du crédit immobilier évolue dans un contexte de reprise progressive sous tension, entre des taux encore élevés et des exigences bancaires renforcées. Les dispositifs publics, comme le PTZ élargi ou le mécanisme Jeanbrun, apportent un soutien réel mais ciblé, qui ne suffit pas à enclencher une relance généralisée. Le marché du neuf devrait ainsi rester porté par les profils les plus solides, tandis que l’accès à la propriété demeure contraint pour une partie des ménages. »
Pour Céline Coletto : « Si le neuf reste plus coûteux à l’achat, il faut désormais raisonner en coût global sur le long terme. Un logement neuf, mieux optimisé et conforme aux dernières normes énergétiques, permet de limiter les dépenses futures : peu de travaux à prévoir, charges énergétiques plus stables grâce à l’électrification progressive des logements, excellent DPE évitant les contraintes liées aux passoires thermiques, sans oublier certains avantages fiscaux comme la possible exonération temporaire de taxe foncière. Au-delà du prix d’achat initial, le neuf offre aujourd’hui davantage de visibilité, de confort et de sécurité patrimoniale aux acquéreurs. »
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